21.06.2009
Les jours de la théocratie Iranienne sont désormais comptés
La situation en Iran est comme chacun sait explosive. Un président ultra populiste, ultra conservateur, ultra imprévisible soutenu par une classe populaire sensible aux discours islamiste et par un régime d'ayatollah menacé à l'intérieur comme à l'extérieur se voit confronté à des défilés monstres soutenus par une majorité de la population. L'oligarchie Iranienne a choisi de faire réélire Monsieur Ahmadinejad en dépit de la volonté de la majorité du peuple perse. Sur le plan tactique cette manoeuvre est difficilement compréhensible. Le pouvoir avait le choix entre un président sortant, défiant le monde entier, menaçant la paix en Iran et dans le monde , ayant des aspirations contraires à celle du peuple Iranien et un concourant, familier du régime, très populaire, rassurant la jeunesse Iranienne en cultivant une image réformatrice, et plus ouvert au dialogue avec le monde occidentale. Il a choisi de continuer dans le durcissement de sa politique avec un président illégitime et donc de fait, fragile.
La jeunesse Iranienne (60 % de moins de 30 ans dans le pays), les femmes Iraniennes, les classes moyennes Iraniennes furent tous déçus de la révolution islamique. Ils pensaient tous ne pas trouver pire que le chah, tous se sont trompés. Cette population (majoritaire en Iran) était très sensible aux discours et aux mains tendus du nouveau président américain, cette population (en particulier les jeunes) est plus que jamais occidentalisé, cette population aspire comme chacun sait à une libéralisation des moeurs.
Mais ces volontés se heurtent à la dure réalité du régime théocratique d'Iran.
Pour tenter d'exprimer ses demandes, la population s'est alors massivement tourné vers les bureaux de vote en espérant élire un président capable de mettre en oeuvre une certaine ouverture. Cet espoir qu'ils nourrissaient s'est avéré vain.
Le pouvoir aurait été bien inspiré de faire une concession à son peuple en laissant Monsieur Moussavi remporter les élections afin de calmer tout ce petit monde. Le choix qu'a fait le régime est à mes yeux, une erreur historique qu'il lui sera fatale.
Aujourd'hui face à la rue le guide suprême a trois options : céder , attendre que le mouvement s'essouffle ou le réprimer dans le sang. Ces trois options sont dangereuses et risques toutes d'être fatale au régime :
Si le guide suprême cède à la rue , non pas en laissant un candidat gagner mais en cédant officiellement à la pression populaire, alors le régime sera considérablement affaibli et le clan des dures se revotera inéluctablement. Le régime perdra alors des alliés sans pour autant se réconcilier avec son peuple.
Si le guilde suprême laisse le mouvement s'essouffler alors il prend le risque que celui ci au lieu de s'essouffler se durcisse et renverse le régime.
Si le régime réprime les manifestations il y aura inévitablement de violences et des morts, le peuple cessera sûrement toute action mais restera plus qu'amer. Le régime ne s'offrirait ainsi qu'un sursis, ajournant son inévitable chute.
Dans cette situation complexe il est intéressant d'analyser la position de Washington. Au lieu de poursuivre la tradition américaine d'ingérence, le président Obama a adopté une position tempéré face à la gravité de la situation et à ce qui pourrait être pour lui une chance historique, rompant ainsi avec la tradition néo-conservatrice et idéaliste qui est propre à la politique étrangère américaine. Au lieu de donner des leçons à l'Iran l'administration Obama a adopté une posture réaliste. Obama a choisi de ne pas outrer le peuple Iranien en décidant à leur place de leur destin. C'est ce qu'on appelle la réal politique et cela pourrait s'avérer payant.
En conclusion, il y a fort à parier pour qu'un pouvoir très divisé, paranoïaque et extrémiste commettra une erreur historique qui entraînera sa chute. Les grands spécialistes des révolutions constatent que c'est la goutte d'eau qui incite le peuple à se révolter. Il semblerait que ce moment historique dans l'histoire de tout peuple soit arrivé. Le peuple Iranien est désormais face à ses responsabilités, éperons qu'il ne se fasse pas berner comme la fois précédente.
12:31 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : iran, revolution, ahmadinejad, moussavi, ayatollah, manifestations, élections


