22.06.2009

Quel avenir pour Europe Écologie ?

36573_cohn-bendit-image.jpg Ce simulacre de démocratie que l'on appelle « élections européennes. » a permis à l'alliance de la carpe et de lapin qui portait le nom d'Europe Écologie de remporter une énorme victoire. Mais Daniel Cohn Bendit parviendra-t-il à transformer son dimanche festif en grand soir?

 On peut légitimement en douter

Face à l'euphorie des médias avec leur nouvelle coqueluche Daniel Cohn Bendit il est plus qu'urgent de revenir à un semblant de rationalité. D'ailleurs parler d'euphorie n'est qu'un euphémisme tant certains médias paraissent nostalgique de l'oncle Joe et de son légendaire culte de la personnalité à la simple évocation de ce demi dieux qu'est Daniel Cohn Bendit.

Il est urgent de relativiser l'importance de ces élections. Les raisons de cette fantastique rué vers les cannes à pêche, dimanche pourraient être longuement débattu. Alors que le pays subit la dureté des temps et que l'angoisse et l'incertitude progresse dans chaque foyers la désignation d'un parlement aux pouvoirs mal défini paraît bien secondaire. Le magistral triomphe de l'abstention en est la preuve. En vérité les français se foutent ce ces éléctions car ils n'aiment pas l'europe. Elles seront donc vite oubliés et avec le score de Dany Cohn Bendit.

Il est urgent de relativiser le sucés de la liste Europe écologie. On peut affirmer sans trop s'aventurer que les écologistes ont fait le plein de leur voix malgré la faible mobilisation. Ceux qu'on appelle vulgairement «les bobos» ont été séduit par un thème consensuel qu'est l'écologie et par le pseudo rebelle qu'est Daniel Cohn Bendit. Il est vrai que lorsqu'on se dit de centre-gauche, qu'on ne veut pas voter PS parce c'est tous des nuls, que Bayrou nous énerve, ou que tout simplement on veut «se faire plaisir» eh bien on vote écolo. Il ne s'agit pas là d'un vote qui nous engage durablement.

Il est urgent de ne pas tirer de conclusion trop hâtive sur la portée de ces élections sur l'avenir du pays. En effet, des stars d'un jour et des morts provisoires les élections européennes ont fourni par légions. Souvenez vous des Weatcher, des Villiers, des Pasqua, des Simone Weil... à qui on a promis

des lendemains qui chantent, on voit bien ce qu'il en est aujourd'hui. Il en de même pour ceux que l'on a enterré à la suite de graves ratages : Sarkozy, Chirac, le Pen... Pas besoin donc d'être un grand historien pour voir que ces élections n'ont qu'un faible impact sur le paysage politique français. Voter aux élections européennes sert plus à se défouler qu'à exprimer des convictions et un engagement de toujours.

D'autre part comment les écologistes pourraient ils s'affirmer si ils n'ont ni partis, ni programme, ni de leader incontestable, ni organisation (nous parlons des verts), ni électorat stable, ni budget (ça compte aussi), ni d'élus, ni énormément de militants...

Il est évident qu'il n'y a pas d'autre leader possible pour Europe Écologie que Daniel Cohn Bendit (quoi josé bové président?). Mais celui ci ne veut pas concourir à la fonction régalienne de président de la république, semblant ignorer ainsi l'implacable logique présidentiel de la 5em république. Sans leader un parti ne peut espérer un seul instant s'ancrer dans le paysage politique français. En fuyant ses responsabilités ce digne héritier de Mai 68 risque de se heurter à la dureté de la réalité politique française.

 

Alors bien sur la vie politique française peut réserver des surprises.

Bien sûr le jeux reste très ouvert à gauche du fait de la situation du PS.

Bien sûr l'environnement est un thème porteur.

Bien sûr les têtes d'affiche de l'opposition sont affaiblis du fait des élections européennes.

Bien sûr les écologistes ont toujours été populaire.

Mais l'existence d'un vide dans l'espace politique ne suffira pas certainement pas au succès de l'écologie.

 

Ce nouveau mouvement politique sera très bientôt dans l'impasse.

Il symbolise à lui tout seul la mort de la politique en France.

Que dire d'un mouvement regroupant une juge et un taulard, un libéral atlantiste et un activiste altermondialiste,

Que dire d'un mouvement rassemblant les amoureux des animaux, un trio de sexagénaire refusant de grandir et un parti réduit à l'état de groupuscule sous respiration artificiel.

Que dire enfin d'un mouvement qui n'a d'autres ambitions que de faire parler de lui l'espace de six mois sans rien bâtir derrière.

Il y a fort à parier pour que cette histoire s'arrête aux régionales.

Premièrement parce que certains partis contestataire pourraient tirer les leçons de leurs erreurs.

Deuxièmement parce que les jeunes cadres verts auront certainement envi de faire carrière et d'être élu dans les conseils régionaux. Ce qui suppose une alliance avec les socialistes, ce dont ne veut pas tout ces associatifs sans qui Europe écologie n'aurait pas existé.

Et enfin troisièmement parce que Daniel Cohn Bendit retournera à Francfort et ses électeurs dans leurs partis respectif.

Pour conclure, je ne crois absolument pas à l'avenir de ce sympathique mouvement.

 

Je pense que les travers de nos amis écologistes referont très vite surface et que cette pétaudière disparaîtra aussi vite qu'elle est arrivée.

A moins que la politique ne soit vraiment que de la bouilli pour les chats, auquel cas il est urgent de chercher une nouvelle voie.

 

 

21.06.2009

Les jours de la théocratie Iranienne sont désormais comptés

La situation en Iran est comme chacun sait explosive. Un président ultra populiste, ultra conservateur, ultra imprévisible soutenu par une classe populaire sensible aux discours islamiste et par un régime d'ayatollah menacé à l'intérieur comme à l'extérieur se voit confronté à des défilés monstres soutenus par une majorité de la population. L'oligarchie Iranienne a choisi de faire réélire Monsieur Ahmadinejad en dépit de la volonté de la majorité du peuple perse. Sur le plan tactique cette manoeuvre est difficilement compréhensible. Le pouvoir avait le choix entre un président sortant, défiant le monde entier, menaçant la paix en Iran et dans le monde , ayant des aspirations contraires à celle du peuple Iranien et un concourant, familier du régime, très populaire, rassurant la jeunesse Iranienne en cultivant une image réformatrice, et plus ouvert au dialogue avec le monde occidentale. Il a choisi de continuer dans le durcissement de sa politique avec un président illégitime et donc de fait, fragile.

La jeunesse Iranienne (60 % de moins de 30 ans dans le pays), les femmes Iraniennes, les classes moyennes Iraniennes furent tous déçus de la révolution islamique. Ils pensaient tous ne pas trouver pire que le chah, tous se sont trompés. Cette population (majoritaire en Iran) était très sensible aux discours et aux mains tendus du nouveau président américain, cette population (en particulier les jeunes) est plus que jamais occidentalisé, cette population aspire comme chacun sait à une libéralisation des moeurs.

Mais ces volontés se heurtent à la dure réalité du régime théocratique d'Iran.

Pour tenter d'exprimer ses demandes, la population s'est alors massivement tourné vers les bureaux de vote en espérant élire un président capable de mettre en oeuvre une certaine ouverture. Cet espoir qu'ils nourrissaient s'est avéré vain.

Le pouvoir aurait été bien inspiré de faire une concession à son peuple en laissant Monsieur Moussavi remporter les élections afin de calmer tout ce petit monde. Le choix qu'a fait le régime est à mes yeux, une erreur historique qu'il lui sera fatale.

Aujourd'hui face à la rue le guide suprême a trois options : céder , attendre que le mouvement s'essouffle ou le réprimer dans le sang. Ces trois options sont dangereuses et risques toutes d'être fatale au régime :

Si le guide suprême cède à la rue , non pas en laissant un candidat gagner mais en cédant officiellement à la pression populaire, alors le régime sera considérablement affaibli et le clan des dures se revotera inéluctablement. Le régime perdra alors des alliés sans pour autant se réconcilier avec son peuple.

Si le guilde suprême laisse le mouvement s'essouffler alors il prend le risque que celui ci au lieu de s'essouffler se durcisse et renverse le régime.

Si le régime réprime les manifestations il y aura inévitablement de violences et des morts, le peuple cessera sûrement toute action mais restera plus qu'amer. Le régime ne s'offrirait ainsi qu'un sursis, ajournant son inévitable chute.

Dans cette situation complexe il est intéressant d'analyser la position de Washington. Au lieu de poursuivre la tradition américaine d'ingérence, le président Obama a adopté une position tempéré face à la gravité de la situation et à ce qui pourrait être pour lui une chance historique, rompant ainsi avec la tradition néo-conservatrice et idéaliste qui est propre à la politique étrangère américaine. Au lieu de donner des leçons à l'Iran l'administration Obama a adopté une posture réaliste. Obama a choisi de ne pas outrer le peuple Iranien en décidant à leur place de leur destin. C'est ce qu'on appelle la réal politique et cela pourrait s'avérer payant.

En conclusion, il y a fort à parier pour qu'un pouvoir très divisé, paranoïaque et extrémiste commettra une erreur historique qui entraînera sa chute. Les grands spécialistes des révolutions constatent que c'est la goutte d'eau qui incite le peuple à se révolter. Il semblerait que ce moment historique dans l'histoire de tout peuple soit arrivé. Le peuple Iranien est désormais face à ses responsabilités, éperons qu'il ne se fasse pas berner comme la fois précédente.