08.11.2009

Identié national 2/3: Fière d'être Français

Opportunément lancé à quelques mois d'élections régionales annoncé comme périlleuses pour la majorité, le débat sur l'identité national est bien évidement un débat politique. Mais le fait que ce débat soit à visé électoral n'interdit pas de se pencher sur cette question qui reste pour beaucoup une préoccupation majeur. J'ai la semaine dernière tenté de décrire ce qui menace l'identité française, je tenterais aujourd'hui d'en donner une définition.

Je tiendrai à rappeler que le peuple français est qu'on le veuille ou non de race blanche, de tradition catholique et de culture européenne et grequo-latine. Cependant comme le disait Jacques Bainville, «le peuple français est un composé, ce n'est pas une race, c'est une nation». La France n'est ni une race, ni une ethnie, elle a été en partie forgé par l'immigration, le droit au sol est donc un pilier de l'identité française. Les français ne sont pas uni par le sang mais par ce qu'on appelle l'identité national, ce n'est donc ni un gros mot ni un retour au Pétainisme le plus nauséabond, c'est simplement la façon dont toute société fonctionne.

Je teindrais aussi à m'opposer à cette ineptie qui tendrait à confondre identité national et valeur de la république. La France ne se limite pas à deux siècles et à trois mots, liberté égalité fraternité, ce serait folie que de le penser.

La France a existé bien avant la révolution, elle a été faite par des rois chrétiens, l'oeuvre Française est une continuité. Bien que cela n'ait plus tellement de sens de souhaiter le retour de la monarchie, il est important de connaître notre histoire, nos racines pour mieux savoir qui nous sommes et être respecté. La république ne doit pas être compris comme une rupture. Elle est avant tout une forme plus moderne d'état centralisateur et de volonté populaire marqué par notre héritage monarchique et chrétien. Marc Bloch disait très justement : «qui n'a pas vibré au sacre de Reims et sous le soleil de Valmy ne pourra jamais rien comprendre à la France». Peguy disait aussi que la république était la quatrième dynastie qui a régné sur la France.

Aujourd'hui la vraie question n'est pas qu'est ce qu'être français mais, qu'est ce qui uni les français. C'est pour contribuer, à mon niveau, à répondre à cette grand problématique que j'ai identifié les grands piliers sur lesquels reposent la France depuis sa fondation.

L'indépendance. La tentation de se donner à une puissance étrangère et impérial existe et menace la France depuis sa fondation. L'opposition entre partit de l'étranger et partit national est un des principaux clivages français. Ce clivage traverse l'histoire de France, il fut mis en évidence à de nombreuses occasions, lors de la guerre de cent ans, de la seconde guerre mondial. Il oppose encore aujourd'hui les partisans d'une France libre et souveraine et les tenants d'une Europe fédéral. Si l'indépendance n'a jamais été acquise, elle n'en reste pas moins une véritable passion Française. La souveraineté de la France et est le pilier, sans doute le plus important mais qui est hélas loin d'être un acquis.

L'autorité de l'état. L'oeuvre majeur des rois de France qui fut jusqu'à la funeste loi de 1981 poursuivi par la république était la création d'un état fort et centralisateur. Un état qui a probablement broyé des identités mais dont l'autorité et la bienveillance assurait paix, justice, prospérité et espérance pour les citoyens français. L'état centralisateur que l'on caricature comme

une institution jacobine (therme presque péjoratif), bureaucratique et profondément inhumaine est en fait tout le contraire, l'état Français est garant de liberté et de démocratie. Comment voulez vous que l'on nous respecte si les institutions de notre état, la police, la justice, l'école... sont sans cesse moqués et décriés par les émissions bien-pensantes comme les guignols de l'info par exemple. Le modèle social français est aussi indispensables dans un état fort et souverain. Même si il est contestable sous certains aspects, il donne à la nation une vocation politique (fraternité, solidarité) mais il donne aussi une force à cette construction qui ne serait sans cela qu'un ectoplasme fragile et sans profondeur. Revenir sur notre modèle social serait pure folie.

La res publica. La chose publique a toujours eu une place centrale en France que ce soit sous la monarchie ou la république. Les assemblés ont toujours éxisté en France, la monarchie capetienne a pendant longtemps été une monarchie éléctive, les assemblés ont d'ailleurs toujours éxisté. Cet équilibre a été rompu à partir du moment où l'absolutisme a été installé au détriment de tout contre pouvoir. Ce n'est que mon avis mais en déclarant «l'état c'est moi», le roi soleil a porté atteinte à la n n politique, au sens noble du therme, en limitant la vie publique à sa seul personne. C'est cette rupture qui a amené la révolution.

La laïcité et le christianisme. En France et en Europe il n'aurait pu y avoir de laïcité si la civilisation n'avait été baigné dans le christianisme. Jésus lui même posait les bases de la laïcité en demandant de rendre à césar ce qui est à césar et à dieu ce qui est à dieu. Même lorsque le pouvoir et l'Église étaient très liés, cette supériorité du temporel sur le spirituel dans la vie publique ne nous a jamais quitté. Cependant le fait que la France et la laïcité soient indissociables n'empêche pas de dire qu'il n'y aurait pas eu de France sans christianisme, la religion chrétienne a joué un grand rôle dans la fondation de la France. La France est d'ailleurs née d'un baptême, celui de Clovis le premier français. On ne parle pas de «miracle franc» par hasard. On voit bien que l'histoire de france est habité par une forme de spiritualité.

Le projet politique. Liberté, égalité fraternité. Je ne pense pas que ces mots soient des mots creux et sans consistances. Je pense qu'ils sont aussi le fruit d'un héritage millénaire. Cette devise, nous la devons d'abord et surtout au christianisme. J'ai dit plus haut que les français n'étaient pas unis par le sang mais par la politique. La France est bien singulière, elle résume à elle seul le combat de l'homme. Cela serait long et malaisé à expliquer mais il y a assurément quelque chose de libérateur dans la langue et le projet français.

La langue. Chaque peuple est avant tout uni par la langue. La langue de Hugo, de Racine, de Voltaire, de Montesquieu est sans doute la plus belle des langues. Elle était un des facteurs d'union national. L'histoire et la langue française étaient correctement enseigné du temps où il y avait une éducation national. Aujourd'hui, il suffit d'écouter les professeurs de lettre ayant la tête sur les épaules pour mesurer l'échec de l'école version mai-68. On enseigne une langue uniformisé, aseptisé, truffé de mots anglais et avec des méthodes foireuses. Nous avons une langue décadente, parlé d'une façon déplorable dans les banlieues par exemple et qui n'ait plus enseigné à l'école. On dit que l'appauvrissement d'une langue correspond à la décadence d'une civilisations.

L'assimilation. Si la France a été forgé en partit par l'immigration cela ne s'est pas fait tout seul. Il a fallut que les arrivant se débarrassent de leur culture, de leur tradition et oublient leurs origines pour devenir citoyen à part entière. C'est ce qu'on appelait le modèle français d'assimilation que l'on a cru intelligent d'abandonner parce que cela devait certainement être inhumain de proposer aux immigrés arrivant la civilisation et la langue française. Aujourd'hui notre pays est menacé d'éclatement. Les historiens savent qu'il n'y a guerre de place que pour une identité dans une nation. Lorsque deux identités se rencontrent l'une finit par avaler l'autre. Je prendrais juste l'exemple des barbares qui, une fois l'empire effondré ont adopté la culture romaine.

La citoyenneté. Je ne m'attarderais pas trop sur ce point tant il paraît évident. La citoyenneté( droit de vote) et la nationalité sont liés. Il faut être citoyen, national pour participer à la vie de la cité, on ne peut pas envisager la France autrement. Aujourd'hui ce principe de citoyenneté est remis en cause par le droit de vote des étrangers par exemple qui est une bien étrange manière d'envisager la démocratie.

Je pense ma démonstration assez complète. J'ai tenté de prouver grâce à l'histoire que nous avons tendance à négliger que la France n'était pas une nation ordinaire. J'aurais pu rajouter à ces piliers l'universalisme qui n'est pas aisé de définir mais qui est je le pense d'une brûlante actualité.

Aujourd'hui où l'oeuvre Française est remise en question par une évolution du monde incontrôlé, nous devons nous rendre compte de l'importance que doit reprendre la France pour remettre un certain ordre dans cette bien étrange «communauté national». Nous devons avoir une exigence de respect mais nous ne pouvons prétendre à rien si nous ne savons pas qui nous sommes et d'où nous venons. La grandeur de notre civilisation, la beauté de notre patrimoine, la richesse de notre langue,

C'est pour toute ces raisons et beaucoup d'autres que oui, je suis fier d'être français.

Commentaires

Je viens d'acheter "Histoire de France", de Marc Ferro. Je commence à le lire. Je t'en reparlerai. C'est dans l'histoire de France que je recherche son identité.

Ecrit par : Louis le bipolaire | 09.11.2009

Visiblement ce n'est pas la fierté de tous

Débordements après le match Algérie-Égypte : le drapeau français arraché au Capitole

Mercredi soir, les Algériens de Toulouse se sont rassemblés devant Capitole où le drapeau français a été retiré et remplacé par celui de l'Algérie. Photo DDM, Thierry Bordas.
Mercredi soir, les Algériens de Toulouse se sont rassemblés devant Capitole où le drapeau français a été retiré et remplacé par celui de l'Algérie. Photo DDM, Thierry Bordas.

Depuis la Conférence générale de la coalition européenne des villes contre le racisme, qui se tient jusqu'à ce soir à Toulouse, Jean-Paul Makengo, adjoint en charge de la diversité et de l'égalité au Capitole réagit au décrochage du drapeau français par des supporters algériens.

Que vous inspirent les débordements qui ont suivi la rencontre Algérie-Égypte ?

Je pense que c'est une bêtise parce que quand on vit en France on a le droit de manifester sa joie parce que l'équipe de son pays d'origine a gagné un match, mais on ne peut substituer ce pays d'origine à la France.

J'avais un voisin portugais qui, lors des championnats d'Europe des nations, accrochait le drapeau portugais à sa véranda. Il le faisait chez lui et personne dans le voisinage n'y trouvait à redire. Si les Algériens ou les Français d'origine algérienne veulent accrocher le drapeau algérien à leur balcon pour supporter leur équipe, ça ne pose aucun problème. Mais il faut respecter les espaces publics.

Comment analyser vous le symbole du décochage du drapeau français et son remplacement par le drapeau algérien ?

Il y a deux choses. On peut d'abord y voir la bêtise d'un groupe de supporters qui ne doit pas être confondue avec le fait de ne pas aimer la France.

Mais nous sommes également face à des publics qui souffrent d'un déficit de fierté, et dès qu'une population stigmatisée peut exister collectivement, elle le manifeste sur la voie publique. Malheureusement ça se fait souvent par des dégradations où en s'attaquant aux symboles de la République. En général, des gens à qui la société renvoie systématiquement une image négative d'eux-mêmes finissent par exhiber leur différence comme par provocation. Mais il ne faut par faire l'amalgame entre des supporters « qui font les cons » et un repli communautariste.

Que préconiseriez-vous pour venir à bout de ces réactions paroxystiques ?

Pour que cela s'arrête, il faut que l'effort vienne des deux côtés : que ces populations intègrent qu'elles sont françaises à part entière, et que de son côté la France les considère également comme des Français. On ne peut pas leur demander de faire des efforts pour venir vers nous, si on les renvoie en permanence à leur différence.

http://www.ladepeche.fr/article/2009/11/20/719565-Debordements-apres-le-match-Algerie-Egypte-le-drapeau-francais-arrache-au-Capitole.html

Ecrit par : Max | 21.11.2009

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