24.12.2011
Un savoir, une histoire...
«L'homme de l'avenir sera celui qui aura la plus longue mémoire», disait Nietzsche dans un de ses éclairs de vérité dont il était coutumiers.
Dans la chronique devenue presque quotidienne des coups portés au savoir et à la culture française , un fait a retenu tout particulièrement mon attention. Sciences po, un de ces objets qui sans voler bien haut n'ont jamais pu être vraiment identifiés, a annoncé dans le cadre de la réforme de sa procédure d'admission la surpression de l'épreuve de culture générale.
Cette mesure s'inscrivait dans une politique affichée de lutte contre les discriminations impulsée par son directeur bien connu, Richard Décoings. Faisant le constat que le système scolaire français entrennait un phénomène de reproduction sociale, le prestigieux institut a fait depuis quelques années de la discrimination positive son cheval de Bataille. L'objectif était d'amener un tiers d'élèves boursiers à l'établissement de la rue de l'université en nouant des partenariats avec des lycées de banlieue pour en faciliter l'entrée d'élèves décrits comme particulièrement doués mais dont le milieu social, familial et scolaire ne concourrait pas à l'épanouissement intellectuel.
La direction de l'institut aurait pu en rester là, et attendre que la mesure déjà tant décriée par les chantres de l'égalité républicaine produise ses effets. Mais il paraissait nécessaire pour monsieur Descoings d'accelerer la marche vers l'égalité réelle, quitte à faire passer par perte et profit le rôle central de son institut dans la formation des élites intellectuelles, économiques et politiques de la France. L'élève de terminale ne sera donc plus aujourd'hui évalué sur sa culture générale et et sa capacité de rédaction mais sur des critères «d'intelligences», «d'intensité du parcours», de «personnalité ou d'engagements associatifs, sportifs politiques ou syndicales». Cette réforme soulève plusieurs graves questions. On peut d'abord s'interroger sur la subjectivité et la pertinence de tels critères. Peut on sérieusement évaluer au cours d'un unique entretien la capacité de réflexion et l'autonomie d'un individu. L'évaluation objective et anonyme des connaissances restreignait au moins la part d'arbitraire qu'on peut imaginer infiniment plus grande dans l'appréciation de ce qui est sans le dire une donnée très subjective, la capacité orale à passer un concours. Je ne sache pas non plus que le fait d'avoir participé à maintes compétitions sportives, d'avoir contribué au bénéfice d'activités syndicales à une opération de blocage de son lycée ou d'avoir traîné son cul dans d'obscures réunions politiques vous qualifie forcément pour exercer des responsabilités dans l'admiration ou dans une entreprise. On peut également s'interroger au vu de la composition du bureau de cet institut, si une expérience militante dans une odieuse organisation fascisante sera également appréciée qu'un engagement au sein d'une officine de soutien à l'immigration clandestine.
Mais ce projet porte en lui quelque chose de bien plus grave, derrière le but affiché , au demeurant très louable, de résorber les inégalités générés par un système scolaire défaillant, se cache une sempiternelle haine du savoir et de la culture. En cessant d'évaluer les connaissances pour ne plus prendre en compte que la personnalité du candidat, l'accusé décoings s'est révélé tel qu'il est, un de ces adeptes de la table rase justifiant leurs méfaits par la poursuite d'une lubie égalitaire.
Nombreux sont ceux qui, essentiellement à gauche ou à l'extrême gauche ont toujours vu en la culture un objet de reproduction sociale. Savoir jalousement gardé par une élite soucieuse de transmettre son patrimoine, la culture permettrait de pérenniser un système d'héritiers. C'est pour cela qu'un enseignement qualifié de bourgeois devait être combattu pour permettre l'émergence d'une éducation plus «novatrice». C'est ainsi que les idées de Pierre Bourdieu ont inspiré toute une génération de professeurs et de pédagogues soucieux d'extraire de l'école républicaine sa mission d'instruction et de transmission de la connaissance. Je peux en ma qualité d'élève de terminale témoigner de la place substantielle qu'occupe la pensée bourdieusiste, elle même résultante du marxisme dans l'enseignement.
La ministre de l'enseignement supérieur d'alors, Valerie Pecresse avait il y a 2 ans repris à bon compte cette analyse et exigé des grandes écoles qu'elles fassent plus de la culture générale un moyen de sélection, toujours dans ce même soucis de lutte contre les discriminations. Les gens de ma famille ont pu pourtant connaître une ascension sociale des plus remarquables et symboliques de la réussite de l'école sans qu'il n'y ait eu besoin de mettre de telles mesures en place. Partant de la campagne normande, mes ascendants furent successivement ouvrier, instituteur puis médecin, tous ont acquis à l'école de la république cette culture et ce savoir aujourd'hui honnis en y développant de surcroit un goût pour l'instruction, la lecture et l'acquisition d'une culture propre
La France s'apprête donc à former des «élites» dépourvus de savoir mais aussi de mémoire car ce n'est pas que la transmission de la connaissance qui est en cause dans cette affaire, tant l'histoire ne semble pas faire l'objet de beaucoup de considération. On pourrait pourtant exiger d'un candidat à sciences po qu'il ait une solide culture générale, et qu'il se soit montré motivé pour l'acquérir. Il est vrai que l'école n'est plus un lieu où l'on sacralise un quelconque passé commun. J'ai ainsi été comme toute ma génération privé du récit des grands héros de l'histoire de France au profit d'un discours culpabilisateur dont shoah et colonisation ne furent que des prétextes. Considérant sans doute l'histoire comme un gadget ou un outil de discrimination, richard décoings a préféré la reléguer au rang des disciples secondaires, rejoignant au passage ceux qui ont fait des nouveaux programmes des outils de promotion d'une «culture universelle» enterrant au passage Napoléon et Louis XIV.
A l'heure du règne de l'immédiat, de l'échange, la conscience de l'historicité de l'homme et la connaissance de son passé paraissent bien incongrues. On semble ignorer qu'une société qui cherche à oublier les leçons de son passé est condamnée, en formant des générations d'incultes, dépourvues de toute mémoire, de tout savoir, au prétexte de vouloir rendre effectives certaines vues de l'esprit égalitaires, l'on risque ni plus ni moins d'abattre ce qui fonde la cohésion de notre société pour replonger dans des siècles de barbarie.
Lorsque la révolution eut commencé son règne sanglant, la convention établit un nouveau calendrier institutionnalisant les rêves de table rase, balayant comme il se doit la célébration des saints, les dénominations des jours de la semaine et faisant de l'année 1792 l'an 0 d'une ère nouvelle. S'en suivit alors la terreur jacobine accompagnée de son cortège de boucheries et de tanneries de peau humaine. Il s'agissait là encore d'abattre un système, une culture, une histoire reposant sur l'inégalité et l'injustice.
En voulant assouvir leurs rêves chimériques, les fossoyeurs de notre histoire, de notre culture risquent ni plus ni moins de tirer un trait sur cette donnée qui fonde l'identité de ce pays, l'intelligence. Il faudra un jour comme au crépuscule de la république romaine établir une liste de proscris, la vermine aura alors un choix à faire, il n'aura rien de cornélien, l'exil ou la mort, d'autres nations dont ils se font une fierté d'honorer constamment la culture ou le rayonnement ne seront alors pas fâchés alors de les accueillir.
La seul injustice qui mérite aujourd'hui d'être combattue c'est celle qui prive des générations du seul réel droit qu'ils ont à acquérir à l'école ce lègue du savoir et de la mémoire dont ils sont les tributaires et dont l'absence obscurcit l'avenir, le leur et celui de toute une nation.
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26.09.2011
Relativité de la théorie de la relativité
Alors que certains se passionnent pour les changements de couleur politique des sucreurs de fraises qui s'en iront bientôt siéger à la «haute assemblée», j'ai pour ma part noté un événement survenu vendredi qui bien que passé relativement inaperçu est à mes yeux d'une importance considérable. Il s'agit d'une découverte de chercheurs Français du CNRS remettant en cause la théorie de la relativité élaboré comme chacun sait par Alberd Enstein.
Jusqu'à alors la théorie s'appuyant sur la fameuse équation : E =mc², l'énergie est égale à la masse multipliée par la vitesse de la lumière au carré, faisait autorité. Toute la physique moderne s'appuyait sur cette théorie après que celle ci ait succédé à celle de Newton. Si l'équipe de physiciens français ne remettent pas en cause cette équation, ils sont cependant parvenus à démontrer que des particules, appelés «neutrinos superluminiques», pouvaient dans aller plus vite que la vitesse de la lumière, ce qu'excluait Enstein. Si l'écart entre la vitesse de ces petites particules et la vitesse de la lumière est faible, il est néanmoins susceptible de remettre en cause toute la physique cantique sur laquelle était jusqu'alors basée la physique moderne.
Cette découverte va probablement bousculer nos connaissances scientifiques, et remettre en cause ce qu'on croyait être des vérités établies, offrant ainsi à ceux pour qui la science devait éclipser toute autre croyance un sérieux démenti. La science n'est donc pas la raison pure, et ses modèles ne seront jamais que des hypothèses qui si elles peuvent parfois et même souvent correspondre à la réalité , elles ne sont pas la réalité.
Moi qui ait toujours regretté d'avoir un esprit incapable de comprendre ce que Voltaire appelait les épines des mathématiques, j'aurais néanmoins tendance à penser qu'une culture scientifique au moins rudimentaire est indispensable à une compréhension du réel. Cependant, si personne ne peut contester que les sciences comme les mathématiques sont des disciplines fondamentales, elles ne sont ni porteuses de sens, ni même promptes à proposer une explication complète du monde.
Beaucoup vont alors réaliser que ce qu'on tenait pour des vérités scientifiques n'étaient en fait que des modèles qui si ils conviennent dans de nombreux cas permettent de faire progresser nos connaissances ne sont pas le reflet de la réalité. Le scientisme, le rationalisme... et toutes les théories qui suggèrent que la réalité monde se limite à ce que l'on en connait, apparaissent alors pour ce qu'elles sont, des superstitions et des forfaitures.
La sciences ne saurait expliquer à elle seule le réel, la transcendance a donc peut être plus de place qu'on a bien voulu le croire dans notre monde désenchanté. Puisque la science ne saurait expliquer à elle seule le monde , pourquoi ne pas réenvisager qu'il puisse exister ici une force créatrice et bienveillante, transcendant toutes les sciences et disciplines basées sur l'étude de la réalité ?
La république, l'école, les ligues athées, la sacro-sainte loi de 1905.. ont voulu faire disparaître cette foi qui a façonné l'esprit français pendant plus de 1000 ans et fait rayonner la civilisation européenne pour imposer la sienne, celle d'un homme se suffisant à lui même, certain de trouver la vérité dans des tubes à essai et traitant avec mépris ceux qui pouvaient penser que le monde ne se limitait pas à notre seule existence. Dans notre acharnement à vouloir faire passer par pertes et profits les vieilles vertus portées par la religion, nous avons fini par considérer notre monde comme purement immanent et résumé par l'étude scientifique que l'on pouvait faire de lui. Il existe bien heureusement d'autres absolus que la science, c'est pour les avoir oublié ou combattu que notre civilisation se meurt, alors qu'elle tirait d'elles une puissance considérable. Leur redécouverte apparaît comme indispensable à notre survie.
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04.09.2011
Un petit mot pour mes amis
L'actualité me rend de plus en plus hermétique à toute forme d'indignation. Je suis tel le roi mithridate prenant quotidiennement sa menue ration de poison afin de mieux s'en protéger, immunisé par le torrent de merde dont nous abreuvent chaque matin médias dominants et individus qui rattachent à leur contenu chacune de leur prise de parole. A force de scandales, de subversion et d'inepties, la boue du présent a achevé de me mithridatiser à la puanteur et à la vilenie de ce pays déliquescent.
Aussi n'ai je pas été vraiment choqué ni même surpris d'apprendre que le président des jeunes de l'ump, un certain Benjamin Lancar proposait dans les colonnes du magazine homosexuel «tétu» de légaliser ce qui sera bientôt le «mariage» gai. J'ignorais jusqu'à alors que la pratique de la sodomie pouvait être agrée par le consentement d'un curé ou d'un maire et que l'institution séculaire et féconde des uns valait bien les caprices sexuels des autres.
Peut être est il nécessaire de s'arrêter sur ce que sont les jeunes de l'ump que préside notre ami lancar, pour ceux qui l'ignorent encore. Loin de toute abnégation ou dévotion à un idéal, leur militantisme est notoirement opportuniste. Partant du constat que leur qualité humaine, intellectuelle ne leur ouvrirait pas le destin de petit bourgeois dont ils rêvent tous, la plupart d'entre eux se tournent vers la politique espérant y trouver quelques débouchés alimentaires. Incapable de se défaire de l'attrait que suscitent chez eux le pouvoir, l'argent, le statut social.. ils représentent ce qu'il y a peut être de plus médiocre, de plus vil et de plus bas dans la jeunesse de notre pays. Aucune appétence en revanche, pour le savoir, la culture ou même l'action. De part leur soucis de ne pas contrarier leur plan de carrière et leur désintérêt pour les choses de l'esprit ils ne sont pour paraphraser Maurras ni intellectuels ni violents.. Dénués de qualités ou même de personnalités propres, ils s'efforcent de prendre pour modèles les premières merdes à avoir pour eux une apparence de puissance et donc croient ils de réussite, entendez les parlementaires. Croyez bien que si le modèle de base n'est déjà pas brillant son imitation ne peut tourner que dans le burlesque.
Les français regardant leur petit écran de télévision seront alors légitimment écoeurés par ce défilé de flammands roses désarticulés. Que penser de petits cons se trémoussant sur une piste de danse, et contemplant la photo de leurs museaux à côté de celui d'un ministre comme un sésame pour un grand destin politique.
Est il nécessaire de rappeler que tout ce petit monde n'est bien sur habité d'aucune mystique, foi ou conviction faisant la différence entre un engagement susceptible de transcander votre petite personne et la recherche d'une occupation ou d'une carrière. Partant du confortable campus d'HEC pour les moins cons d'entre eux pour faire trembler le pavé parisien le jour de la «gai price», cette jeunesse si bien décrite par Louis Pauwells ne m'inspire désormais plus qu'un profond dégoût. Elle incarne tout le désoeuvrement moral, intellectuel, culturel.. de toute une génération. Sa grande messe annuelle donne un parfait tableau de ce qu'est une jeunesse décadente.
Alors il faut paraît il se garder de toutes formes de généralisations ou d'amalgames. Ma petite expérience politique me permet cependant d'apprécier ce petit assemblage de fielleux, de vaniteux et de dégénéré pour ce qu'il est, la lie de l'humanité. La réalité est sans doute plus nuancée, je puis témoigner qu'existe noyés dans un grand saut de merde quelques éléments relativement sains.
On ne pourra rien faire d'un parti comme l'ump tant que sa racine demeurera à ce point pourri. Masquant derrière l'attribut de «populaire» son indicible vacuité idéologique, la droite française n'existe que par son puissant réseau d'élus, de notables.. et par les concessions timides qu'il fait à un peuple dont l'attente légitime d'une réaction au merdier soixanthuilard se fait de plus en plus vif. Contrairement à d'autres partis conservateurs ou libéraux en Europe, la droite parlementaire française est pour ne pas s'être assez nourrie de réflexions intellectuelles et de travail de fond idéologiquement morte et incapable de comprendre les enjeux futures. Les délcarations infantiles de Benjamïn lancar en témoignent, ce parti n'est plus aujourd'hui qu'une carcasse dont il conviendrait de se défaire au plus vite.
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